Séminaires d’initiation à la recherche et séminaires de recherche en grec

Lire la tragédie grecque : Les Phéniciennes d’Euripide
Christine Mauduit, Rossella Saetta Cottone
S2, 6 ECTS
Comment aborder la lecture d’une tragédie grecque, en maîtrisant les savoirs techniques et les approches méthodologiques indispensables au travail de déchiffrement du texte, sans délaisser le questionnement sur le sens qui accompagne toute réflexion critique et théorique sur la littérature, qu’elle soit ancienne ou moderne ? Telle est la question à laquelle ce séminaire voudrait contribuer à répondre, en prenant pour fil conducteur de la réflexion Les Phéniciennes d’Euripide. Pour cette seconde année, le travail de lecture reprendra à partir du deuxième stasimon (v. 784). Sur la base d’une traduction et d’un commentaire suivis, on s’attachera à analyser les différentes composantes de l’œuvre (texte, spectacle, mythe, personnages, etc.) en réfléchissant aux grands problèmes posés par son interprétation. Une attention particulière sera prêtée à la dramaturgie, aux jeux d’intertextualité, aux questions poétiques et génériques, à la composante spectaculaire de la pièce, aux rapports qu’elle entretient avec le monde des spectateurs. La connaissance du grec est préférable pour suivre le séminaire mais il est également accessible et ouvert aux non-hellénistes intéressés par le théâtre grec.
Vendredi, 10h30-12h30, hebdomadaire, salle de séminaire
Première séance : vendredi 22 janvier 2027
Validation : exposé oral

Ἔξω τοῦ πρέποντος. Théorie et pratique de l’écart dans la rhétorique grecque de l’époque classique
Camille Rambourg
S2, 6 ECTS
S’il est une notion qui semble faire corps avec la rhétorique grecque classique, c’est bien celle du convenable (πρέπον, ἅρμοττον etc.) : qu’il s’agisse d’invention, de disposition ou d’expression, que l’on écoute Prodicos, Isocrate ou Aristote, l’orateur semble devoir régler en tout son propos sur ce critère, sous peine d’échouer à persuader. Mais n’est-il pas des discours manifestement, et irréductiblement, rebelles au convenable ? pire encore, n’est-il pas des interstices de la théorie où s’immisce l’inconvenance, parfois considérée comme plus puissante que lui ? Au fil d’un parcours qui mènera d’Antiphon à Démosthène, via Thucydide et Xénophon, en faisant dialoguer la pratique oratoire et les textes techniques (fragments des sophistes et de manuels, Rhétorique d’Aristote, Rhétorique à Alexandre), le séminaire s’efforcera de comprendre ces écarts et d’identifier les conditions de leur efficacité, afin de réévaluer, in fine, la place de l’audace et du risque à prendre dans un domaine où semble régner avant tout la circonspection. Mobilisant les catégories techniques et des espèces variées de discours en prose, il sera également l’occasion d’une introduction à la rhétorique classique. La connaissance du grec est préférable pour suivre le séminaire.
Vendredi, 9h-10h30, hebdomadaire, salle de séminaire
Première séance : vendredi 22 janvier 2026
Validation : participation active aux séances

Science et poésie dans l’Alexandrie hellénistique : circulation, transfert et mutation des savoirs
Anaelle Broseta
S1 ET S2, 3 ECTS PAR SEMESTRE
Dans l’Alexandrie des Ptolémées (323-31) fleurit une poésie nouvelle. On en a souvent souligné la recherche formelle, les jeux d’érudition, les allusions nombreuses à la critique littéraire hellénistique – dont nous dépendons très largement quand il s’agit d’aborder les textes anciens. Cette poésie se distingue aussi, cependant, par son ouverture au discours scientifique qui se développe simultanément : la médecine, la géographie, les sciences de la nature sont abondamment représentées. Quels sont les acteurs, les lieux, les voies de circulation empruntées par ces savoirs ? Quel est le rôle exact de l’école d’Aristote ? Comment l’information est-elle transmise, reformulée ou corrigée par les poètes ? En tentant de répondre à ces questions, on se propose d’ouvrir le champ des lectures à des textes et documents rarement abordés dans le cursus scolaire : les poètes hellénistiques (Apollonios de Rhodes, Posidippe, Callimaque…), mais aussi certains corpus fragmentaires, les scholies rédigées par les Alexandrins en marge des grandes œuvres du canon, les papyrus sauvés des sables d’Égypte, les inscriptions métriques.
La connaissance du grec est préférable pour suivre le séminaire.
Mercredi, par quinzaine, 10h30-12h30, salle F
Première séance : mercredi 30 septembre 2026
Validation : assiduité et présentation d’un exposé en classe (au choix : dossier de documents organisé autour d’un thème ou compte-rendu critique d’un ouvrage de référence)

Littérature grecque d’époque impériale. Alciphron, Lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et de courtisanes
Émeline Marquis (AOROC)
S1, 6 ECTS
D’Alciphron nous ne savons rien. On le situe au iie/iiie siècle après J.-C. et on lui attribue un corpus de 123 lettres, parfois incomplètes, organisées en quatre livres thématiques : lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et de courtisanes. Ces lettres fictives recréent l’univers de l’Athènes classique du ive siècle avant J.-C. Elles font entendre de manière unique les marginaux de la société antique, ceux dont on entend rarement les voix : les travailleurs, les mendiants, les femmes. En autant d’instantanés, de moments pris sur le vif, elles mettent en scène leur quotidien, leurs désirs et leurs frustrations. Mais les Lettres d’Alciphron sont aussi un jeu littéraire raffiné s’adressant à un public de connaisseurs. Les références à la littérature classique y abondent (Homère, Sappho, la Nouvelle Comédie et tout particulièrement Ménandre, qui est un personnage des lettres), tout comme les échos avec la littérature contemporaine (Lucien, Longus, Élien). S’il existe une traduction française récente, l’édition du texte grec date de 1905 et il n’existe aucun commentaire de l’œuvre. Durant le séminaire, nous traduirons un choix de lettres tirées de chacun des quatre livres de la collection et nous appuierons sur la bibliographie la plus récente pour analyser et commenter ces lettres, en replaçant l’œuvre d’Alciphron dans le cadre plus général de la fiction épistolaire antique.
Mardi, 14h-16h30 (8 séances : 22/09, 29/09, 13/10, 20/10, 03/11, 17/11, 01/12, 15/12), salle de séminaire
Première séance : mardi 22 septembre 2026
Validation : participation au cours et bref essai (ou exposé oral)
Contact : emeline.marquis@ens.psl.eu

Littérature de l’Antiquité tardive. Le traité Des songes de Synésios de Cyrène : divination par les rêves, imagination et religion intime. Lecture suivie et commentée de l’œuvre
Stéphane Toulouse
S1 ET S2, 6 ECTS PAR SEMESTRE
Le séminaire propose de traduire et commenter le traité Des songes de Synésios de Cyrène (ca 370-413), rhéteur, poète et philosophe, chrétien et néoplatonicien. Le sujet premier et plus apparent est celui de la divination par les songes, mais des sujets plus philosophiques et religieux, et même littéraires in fine, viennent se greffer à la discussion initiale et la déborder largement : l’examen des puissances de la phantasia et le problème de la vie imaginative, mais aussi la question complexe d’une forme de survie personnelle, assurée par la purification d’un corps intermédiaire, amènent Synésios à aborder la question de la voie de salut la plus sûre : philosophique ou religieuse ? intime ou rituelle ? In fine, l’auteur reviendra aux rêves, à leur utilité, à l’écriture du rêve et l’écriture de soi.
Mardi, 16h30-18h30, hebdomadaire, salle de séminaire
Première séance : mardi 22 septembre 2026
Validation : présence assidue et petit mémoire (ou exposé) sur un sujet choisi en concertation
Contact : stephane.toulouse@ens.psl.eu

Initiation à l’édition critique numérique des textes anciens
Sébastien Grignon (Centre Jean Pépin / UMR 8230)
S1 ET S2, 3 ECTS PAR SEMESTRE
Ce séminaire propose une initiation à l’ecdotique (édition critique des textes anciens). Les étudiants seront amenés à se familiariser avec les questionnements et les méthodes de l’ecdotique à partir d’exemples concrets. Les premiers exemples sur lesquels on travaillera seront empruntés aux Catéchèses prébaptismales de Cyrille de Jérusalem (Père de l’Église de langue grecque, évêque de Jérusalem dans la seconde moitié du IVe s.). On abordera parallèlement les techniques d’édition numérique des textes anciens, en particulier la confection de gabarits encodés en LaTeX, mais aussi les possibilités offertes par la TEI (Text Encoding Initiative). On essaiera donc, dès que possible, d’amener les étudiants qui le souhaitent à utiliser ces outils numériques pour leurs propres travaux d’édition, en particulier dans le cadre de mémoires de Master. Des séances supplémentaires de pratique numérique pourront être organisées au second semestre. Le seul prérequis est une connaissance correcte du grec et du latin.
Mercredi 10h30-12h30, par quinzaine, salle F
Première séance S1 : mercredi 23 septembre 2026
Première séance S2 : mercredi 27 janvier 2027
Validation : participation active aux séances et réalisation des exercices éventuels
Contact : sebastien.grignon@cnrs.fr

Initiation à la musique grecque antique : édition de l’Introduction harmonique de Cléonide
Laurent Capron (Centre Jean Pépin), Anne Weddigen (Orient & Méditerranée)
S1 ET S2, 3 ECTS PAR SEMESTRE
Ce séminaire s’adresse à tous ceux qui souhaitent découvrir la musique grecque dans l’Antiquité ou approfondir leurs connaissances dans le domaine. Nous nous appuierons pour cela sur un travail préparatoire à l’édition de l’Introduction harmonique de Cléonide (documentation fournie en début d’année). Il s’agit d’un manuel pédagogique d’introduction au système musical grec, écrit, pense-t-on, aux IIe–IIIe siècles de notre ère. Ce travail sera précédé par une présentation des principes de la musique grecque antique, qui s’appuiera sur divers théoriques et des documents de musique notée. La préparation éditoriale sera effectuée à partir d’un choix de manuscrits. Le séminaire sera ainsi l’occasion d’initier les participants à la lecture de manuscrits, aux enjeux de l’ecdotique et de l’histoire des textes, à la lexicographie technique et aux perspectives ouvertes par les méthodes de l’édition numérique. Le séminaire est ouvert tant aux philologues qu’aux musicologues qui s’intéressent à l’histoire de la musique, mais un niveau élémentaire de grec est requis.
Mardi 17h-19h, par quinzaine, salle F
Séances S1 : 29/09, 13/10, 03/11, 17/11, 08/12, 05/01 ; S2 : 02/02, 23/02, 16/03, 30/03, 27/04, 11/05
Première séance S1 : mardi 29 septembre 2026 ; S2 : mardi 02 février 2027
Validation : présence active aux séances et réalisation des exercices
Contact : laurent.capron@cnrs.fr
